« Les hommes ne se séparent de rien sans regret, et même lieux, les choses et les gens qui les rendirent les plus malheureux, ils ne les abandonnent point sans douleur. »
Prenez une de ces cartes postales couleur sépia qui illustrent la vie du début du XXe, transposez la à la même époque dans le Paris d’Apollinaire, ajoutez-y des apparitions quasi fantomatiques d’auteurs plus ou moins illustres et vous aurez une idée de ce que vous trouverez dans ce livre. Une succession de ces images nostalgiques.
« Mais que le passant entre dans la rue Berton, il verra d’abord que les rues qui la bordent sont surchargées d’inscriptions, de graffiti, pour parler comme les antiquaires. Vous apprendrez ainsi que Lili d’Auteuil aime Totor du Point du Jour et que pour le marquer, elle a tracé un cœur percé d’une flèche et la date de 1884. Hélas ! pauvre Lili, tant d’années écoulées depuis ce témoignage d’amour doivent avoir guéri la blessure qui stigmatisait ce cœur. »
J’ai apprécie ce livre, mais j’aurai du mal à dire ce qui m’a plu en lui. L’écriture d’Apollinaire y est surement pour beaucoup. En lisant j’ai eu l’impression de voir quelqu’un de simple, sobre, frais et chaleureux, poétique, aimant et aimable. (Ça me semble étrange d’avoir de telles impressions sur un auteur maintenant que je l’écris). En revanche si les chapitres avaient été plus longs j’aurai peut-être moins aimé.